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Comment la facilitation ludique a aidé un CODIR de l'industrie à créer ensemble

Comment la facilitation ludique a aidé un CODIR de l'industrie à créer ensemble

Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben

Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben

Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben

Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben

Atelier de facilitation ludique de la Jeance pour un Codir de l'industrie
Atelier de facilitation ludique de la Jeance pour un Codir de l'industrie

Tecalemit Aerospace, acteur de l'industrie aéronautique, nous a confié une demi-journée avec son CODIR : treize personnes, plusieurs sites, beaucoup de nouveaux visages dans l'équipe.

Leur enjeu était limpide : se connaître, bien sûr, mais surtout apprendre à faire ensemble. S'appuyer sur le collectif et sur les ressources de chacun pour construire, dépasser les blocages et imaginer des solutions nouvelles.

Pour y répondre, nous avons conçu un atelier de facilitation ludique. Le principe : on installe un cadre décalé (humour, scénario, émotion, jeu) dans lequel une équipe travaille un vrai enjeu collectif, avec une liberté qu'elle n'a pas autour d'une table de réunion. C'est notre approche maison, et ici elle s'est appliquée à un CODIR. On vous raconte.

Un public qui voit venir l'artifice à trois kilomètres

Treize profils aguerris, expérimentés, exigeants. Autant dire qu'on ne pouvait pas débarquer avec des Lego et une métaphore sur "la tour qui représente votre stratégie collective" (ça ne passe pas avec des gens aussi aguerris, et c'est très bien comme ça).

La facilitation ludique prend le contre-pied. On fait faire au groupe un (grand) pas de côté, vers un univers où il peut se lâcher sans enjeu pour imaginer, s'exprimer, inventer, débattre, tester. Le décor change complètement, les mécaniques sont celles du vrai travail collectif. On avait déjà fait le coup avec des cadres à qui nous avons appris à concevoir le pire projet possible, avec le même résultat : plus personne ne joue son rôle habituel, donc tout le monde joue.

Le BHC et ses projets sans queue ni tête

Pour porter le tout, nous avons créé un faux organisme très officiel et légèrement inquiétant : le BHC, Bureau d'Homologation des Collectifs. Sa mission : vérifier que le CODIR est prêt à piloter le changement. À la clé, le certificat C.A.P.

Par petits groupes, chacun tirait au sort :

  • une cible (les parents d'ados, par exemple),

  • une catégorie de projet (produit, service ou événement),

  • une problématique assez large (les files d'attente, entre autres).

À eux d'identifier un problème et d'imaginer ensemble une solution innovante, sur un sujet qui n'a strictement rien à voir avec l'aéronautique. Quand il n'y a aucun enjeu réel, on peut s'exprimer, tester, se planter, recommencer, sans jouer sa crédibilité de directeur de site.

Chaque groupe a ensuite pitché son projet dans un format tiré au sort : façon influenceur, histoire pour enfants, journal télévisé... Exercice redoutable pour des dirigeants habitués aux slides sérieux.

Le vote, et la casquette à girophare

Il a fallu voter pour n'en garder qu'un seul. Le projet élu : une casquette à girophare pour les bénévoles, qui s'allume dans les files d'attente pour leur faire bénéficier d'un coupe-file.

Quand on vous dit que des dirigeants peuvent être créatifs.

C'est ce moment précis qui nous intéressait le plus. Apprendre à s'approprier une idée qui n'est pas la sienne, et à en devenir un acteur utile plutôt qu'un simple commentateur : c'est un vrai sujet de CODIR, déguisé en jeu.

Les chapeaux de Bono, version La Jeance

Pour challenger la casquette, nous avons repris une méthode classique : les six chapeaux de Bono, qui consistent à regarder un même sujet sous six angles différents. Revisitée à notre façon, elle s'est jouée en six duos, chacun dans une posture différente : neutralité, émotion, pessimisme, optimisme, créativité, organisation. Chaque duo analysait le projet retenu sous son angle et faisait émerger ce qu'il y voyait.

Deux choses ressortent :

  • Même sur un projet loufoque, certains arrivent à des analyses très perspicaces. Le décalage ne tire pas le niveau de réflexion vers le bas.

  • Adopter une posture qui n'est pas la sienne aide à comprendre ce que les autres apportent. Quand on a tenu un rôle qui n'est pas le sien, on écoute autrement ceux dont c'est le réflexe naturel.

Quand la parole se libère

Pour clôturer, chacun a d'abord noté seul, en silence, un point précis où le collectif avait rendu quelque chose plus possible pendant l'atelier. Après un bref échange en duo, le groupe s'est retrouvé autour d'une question : quel geste ou quelle pratique voulez-vous revoir lundi au bureau ? Les réponses ont été classées en direct sur un paperboard : dépasser un blocage, rendre possible, bien collaborer.

Beaucoup de choses sont remontées. Le décalage avait fait l'effet escompté : la parole était libérée. Parmi ce que les participants ont noté : des idées qui font boule de neige jusqu'à une solution commune, le lâcher-prise pour se laisser porter par la dynamique de groupe, l'envie de partager davantage d'idées avec les collègues et de traiter plus de sujets en petits comités.

Ce que la facilitation ludique permet de travailler

On l'a dit en clôturant la journée : retirez l'humour et le décalage de ce qu'on vient de faire, les mêmes réflexes (faire boule de neige sur les idées des autres, s'approprier un projet qu'on n'a pas inventé, décider puis assumer à plusieurs) fonctionnent sur presque tous les vrais sujets du quotidien. L'humour a servi d'ouvre-boîte pour y accéder plus vite qu'un séminaire classique ne l'aurait permis.

Ici, l'enjeu était de construire ensemble. La cohésion en est un autre terrain d'application (on l'explique ici), et la même approche sert à travailler tous les enjeux collectifs d'une équipe : alignement, valeurs, création collective... Le décor change selon le sujet, la logique reste la même : un cadre ludique qui libère la parole, pour travailler sérieusement sur le fond.

Un immense merci à l'équipe de Tecalemit Aerospace pour son accueil et sa capacité à jouer le jeu, du premier tirage au sort jusqu'à la remise des certificats.

Alignement, valeurs, création collective : si votre équipe a un enjeu collectif à travailler, on peut construire un atelier de facilitation ludique sur mesure. Contactez-nous et challengez-nous.

Codir brandissant son faux dipôme La Jeance

FAQ : facilitation ludique et CODIR

C'est quoi la facilitation ludique ?
C'est une approche d'animation de groupe qui installe un cadre décalé (humour, scénario, émotion, jeu) pour qu'une équipe travaille un vrai enjeu collectif. Le groupe passe par un univers fictif où il n'a rien à perdre, ce qui libère la parole et efface les postures habituelles.

Pour quels enjeux d'équipe utiliser la facilitation ludique ?
Pour tous les enjeux collectifs : construire ensemble, s'aligner, travailler des valeurs, faire émerger des idées nouvelles, créer du lien. Le sujet change, la mécanique reste la même : un cadre ludique pour travailler sérieusement sur le fond.

La facilitation ludique convient-elle à un CODIR ou à des dirigeants expérimentés ?
Oui, à condition de ne pas les infantiliser. Avec des profils aguerris, pas de métaphores Lego : un décalage assumé, un cadre cohérent et un vrai niveau d'exigence dans les consignes. Dans l'atelier raconté ici, même sur un projet loufoque, plusieurs participants ont livré des analyses très perspicaces.

Quelle différence avec un atelier de facilitation classique ?
Un atelier classique travaille directement sur le sujet réel, avec chacun dans son rôle habituel. La facilitation ludique passe par un univers sans lien avec le quotidien : on y travaille les mêmes réflexes (imaginer, débattre, décider, s'approprier l'idée d'un autre) sans les freins de la posture et de la hiérarchie.

Combien de temps dure un atelier de facilitation ludique ?
Celui raconté ici a duré une demi-journée. La durée dépend de l'enjeu à travailler : chaque atelier est construit sur mesure.


Je m'appelle Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben, co-fondateur de La Jeance. Je conçois et j'anime des ateliers de facilitation ludique pour travailler les enjeux collectifs des équipes : alignement, valeurs, création collective.