Un déroulé en trois temps
Phase 1 : l'échauffement perché et la note de cadrage
Après les présentations et un premier échauffement volontairement absurde pour installer le ton, les consultants du FCG répartissent la quarantaine de participants en petits groupes, en mélangeant les âges, les niveaux et les départements. Puis chaque équipe se voit assigner une catégorie de flop à créer, dans la même veine perchée que le reste :
le projet trop innovant
le projet trop bienveillant
le projet trop collaboratif
Et d'autres du même goût. Nous restons dans l'excès assumé.
Chaque groupe reçoit ensuite une note de cadrage parodique, remplie de questions parfaitement insolites, qu'ils ont une petite demi-heure pour compléter. Ce que nous aimons observer à ce moment-là, c'est le passage de la sidération à l'engagement. Les gens rigolent d'abord. Puis ils s'y mettent. Puis, franchement, nous sommes surpris de voir à quel point ils bossent quand nous passons voir chaque table.
Pendant que les groupes s'agitent, l'un des consultants circule avec le Flopmètre, une machine inventée pour l'occasion, censée mesurer le potentiel de flop de chaque équipe. Le score, complètement aléatoire, débloque des contraintes supplémentaires : "Votre projet doit avoir un sponsor du showbiz de plus de 70 ans." "Votre projet doit inclure un rituel obligatoire tous les matins." La créativité sous contraintes, un des ressorts les plus efficaces que nous connaissions pour créer du lien et libérer la parole en équipe.
Phase 2 : le quiz Culture Flop et le format imposé
Une fois la demi-heure écoulée, nous marquons une pause avec un quiz de culture flop. Douze questions sur les plus beaux ratés commerciaux, industriels ou artistiques de l'histoire moderne. Le ketchup vert de Heinz. Les parfums de Bic. Certains films de Kevin Costner que nous ne citerons pas ici. Beaucoup de participants tombent dans le panneau, les rires fusent, les débats démarrent en aparté. Nous apprenons plein de trucs, en fait.
Puis vient un tirage au sort qui change tout : chaque groupe se voit imposer un format de pitch obligatoire. Parce qu'un pitch classique à répétition sur neuf équipes, nous avions envie de vous éviter ça. Les formats tirés au sort sont volontairement improbables. Nous avions par exemple prévu la notice IKEA, le bulletin météo, l'horoscope, la comédie musicale, le slam, le documentaire animalier, la promo de téléshopping. Et pas mal d'autres, tous conçus pour désarçonner sans jamais mettre en difficulté.
Vingt minutes pour préparer. Ensuite, tout le monde passe sur scène.
Phase 3 : les pitchs (et là, nous ne nous attendions pas à ça)
Nous avons fait beaucoup d'événements. Nous avons rarement vu autant d'engagement au moment des pitchs. Les groupes étaient censés envoyer un représentant. Nous les avons tous vus monter en équipe complète. Avec des fonds de scène choisis, des musiques d'ambiance, des costumes improvisés à partir de trois post-its et d'une écharpe. Le tout en vingt minutes de préparation.
Les projets présentés étaient à la fois hilarants et follement bien exécutés. Une IA qui organise des réunions pour parler des prochaines réunions. Un projet de drone livrant des médicaments en kit à assembler par le patient (déconseillé aux moins de 8 ans). Un projet sponsorisé par Céline Dion, entièrement pitché en chantant. Un projet présenté en promo de téléshopping avec compte à rebours et compteur d'appels.
La salle était pliée. Mais surtout, chaque équipe prenait un vrai plaisir à écouter ce que les autres avaient inventé. C'est le signe que nous cherchons.
Un vote interactif a permis d'élire les meilleurs flops, et les trois équipes primées sont reparties avec des prototypes de stylo-gourde inventés par nos soins pour l'occasion (un objet lui aussi promis à un flop certain).
Ce que ça a produit, concrètement
L'atelier de cohésion d'équipe a fait ce que nous espérions, et un peu plus.
Les gens se sont pris au jeu dès l'échauffement perché. Personne n'est resté en retrait, ce qui est déjà un exploit sur ce type de groupe mixte CODIR + cadres où les postures hiérarchiques ont naturellement tendance à s'inviter. Les équipes ont bossé ensemble sans hiérarchie visible, avec des juniors qui bousculaient des directeurs sur la crédibilité d'un rituel matinal impliquant un ficus.
Le côté décalé les a emmenés loin. Et la créativité sous contraintes s'est révélée être un outil redoutablement efficace pour permettre à chacun de se libérer, de s'exprimer, parfois même de se révéler, tout en restant dans un cadre que nous pouvons piloter au tempo. Le rythme, d'ailleurs, est capital dans ce type de format. Il ne doit jamais retomber. Sinon, l'engagement s'en va, et les gens décrochent. C'est un des critères d'exécution que nous ne lâchons jamais.
Tous sont repartis heureux de s'être amusés, mais pas que. Ils étaient fiers d'avoir créé quelque chose collectivement. Et ils sont partis avec des dizaines d'anecdotes qui prolongeront l'impact de cet événement bien au-delà des deux heures d'atelier.
Pourquoi le contrepied fonctionne si bien
Le principe est simple, et nous l'appliquons dans tous nos ateliers de cohésion d'équipe : le détournement crée les conditions psychologiques du lâcher-prise. Quand nous demandons à des cadres brillants de faire des flops, nous inversons tellement les codes qu'aucune posture professionnelle n'a plus lieu d'être. Personne ne peut être "meilleur" que les autres, puisque le but est de faire pire. Résultat, tout le monde joue, tout le monde s'exprime, tout le monde rit.
C'est exactement le principe de la facilitation ludique : nous ne demandons pas aux gens de faire de la cohésion d'équipe, nous installons le cadre dans lequel elle apparaît toute seule.
Et bien sûr, tout ce dispositif ne fonctionne que parce qu'il est cousu main. La note de cadrage, les catégories de flops, le Flopmètre, les formats de pitch, le quiz, les récompenses, jusqu'au ton des faux consultants : chaque élément est pensé, écrit, testé. C'est ce qui distingue un événement qui marque d'un événement sympa.
Merci
Un grand merci aux équipes du labo pour avoir joué le jeu jusqu'au bout, avec un CODIR qui s'est mis au même niveau que les cadres pendant deux heures. C'est une des conditions sans lesquelles rien ne marche, et ça ne s'improvise pas. Merci également à l'agence Paradiso pour cette belle collaboration.
Cette expérience de cohésion d'équipe vous a plu ? Vous aimeriez quelque chose dans le même état d'esprit pour votre entreprise ou pour un séminaire que vous organisez ? Nous concevons et animons toute l'année des ateliers de cohésion originaux, décalés et ultra personnalisés.
FAQ - Atelier de cohésion d'équipe original : ce qu'on se demande souvent
Comment concevoir un atelier de cohésion d'équipe vraiment original ?
L'originalité d'un atelier de cohésion d'équipe ne vient pas de l'activité en elle-même, mais du scénario dans lequel elle s'inscrit. Un cadre fictionnel, un décalage assumé, une mécanique qui prend les participants à contrepied de leur quotidien : c'est ce qui transforme une animation générique en un moment mémorable qui marque durablement les esprits.
Un atelier de cohésion d'équipe peut-il fonctionner avec un groupe mixte ?
Oui, et c'est même l'un des grands atouts d'un format bien conçu. Un atelier de cohésion pensé sur mesure fonctionne avec tous les publics et permet de mélanger tout le monde : CODIR et cadres, juniors et seniors, populations opérationnelles et fonctions support, équipes internationales et multilingues. La condition, c'est de neutraliser les postures hiérarchiques dès les premières minutes. Un scénario absurde ou un dispositif de facilitation ludique bien pensé désamorce naturellement les rapports de statut. Pour que ça marche vraiment, il faut aussi que les dirigeants acceptent de jouer le jeu au même niveau que les autres participants.
Quelle durée pour un atelier de cohésion d'équipe vraiment efficace ?
Deux heures suffisent largement pour créer un vrai moment collectif marquant, à condition que le scénario soit dense et que le rythme ne retombe jamais. Un format court, bien pensé et bien exécuté, produit plus d'effet sur la cohésion d'équipe qu'une demi-journée mal calibrée où les gens décrochent progressivement.
Peut-on organiser un atelier de cohésion original sans logistique lourde ?
Absolument. Les ateliers les plus marquants s'organisent souvent dans les locaux du client ou dans le lieu du séminaire, sans matériel spécifique ni infrastructure dédiée. Ce qui compte, c'est la qualité du scénario, la mécanique d'interaction et l'animation. Pas la taille du dispositif logistique.
Comment savoir si un atelier de cohésion d'équipe a vraiment marqué les esprits ?
Le meilleur indicateur, c'est ce qui reste dans les semaines qui suivent. Des anecdotes qui remontent, des références partagées entre collaborateurs qui ne se parlaient pas avant, des équipes qui redemandent le format. Un atelier réussi, on en parle encore trois semaines après. Pas juste le lundi qui suit.
Pour aller plus loin
👉 La fausse dégustation qui a trompé tout le monde
👉 Ils pensaient se faire recadrer par des scientifiques allemands. C'était un team building
👉 Libérer une équipe juridique sans finir au tribunal
👉 Cohésion d'équipe : comment la provoquer (et pourquoi ça ne se décrète pas)
Je m'appelle Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben, co-fondateur de La Jeance. Je conçois et j'anime des ateliers de cohésion d'équipe originaux, toujours personnalisés, qui créent une vraie cohésion dans les équipes.