Retour d’expérience : facilitation ludique en séminaire d’entreprise
Comment faire travailler 28 collaborateurs sur les valeurs de leur entreprise, sans tomber dans l’atelier post-it convenu ni dans la grand-messe corporate ?
La Première Brique, une entreprise lyonnaise qui démocratise l’investissement immobilier dès 1 €, nous a posé cette question. Si vous vous demandez à quoi ressemble la facilitation ludique et ce qu’elle peut apporter à une équipe, cet article en donne un aperçu concret.
En pleine phase de croissance et de structuration, l’entreprise organise son séminaire annuel à Évian. Au programme : bilan, perspectives, cohésion d’équipe et dévoilement de quatre valeurs destinées à accompagner la suite de son développement.
Notre mission est la suivante : concevoir et animer un atelier d’ouverture de deux heures, capable de surprendre les équipes, de créer du lien et surtout de leur permettre de s’approprier - et incarner - ces valeurs.
Avouez-le, quand on nous parle de valeurs d’entreprise, on pense évidemment à des slides PowerPoint, des feuilles A3 et des post-it de couleur. Mais à la Jeance on a un petit problème avec les formats trop prévisibles…
The Values Protocol : un cabinet très sérieux. Enfin, presque.
17 h. Deux consultants prennent la parole devant les collaborateurs de La Première Brique.
Costumes, posture rigoureuse, jargon administratif, ton professoral. Ils représentent The Values Protocol, un organisme de certification mandaté pour vérifier la bonne compréhension et l’incarnation des valeurs au sein de l’entreprise. Le diagnostic est sans appel : impossible de prétendre maîtriser une valeur sans avoir au préalable testé ses limites.
La première étape consiste alors à évaluer l’“indice de maturité valorielle collective” grâce à un Assessment Test. On y retrouve des anecdotes bien réelles sur des entreprises qui prennent leurs valeurs parfois très au sérieux. LEGO et ses cartes de visite en forme de figurines, Zappos qui proposait 2 000 dollars à ses nouvelles recrues pour démissionner, ou encore Enron, dont l’intégrité était officiellement une valeur fondamentale. Avec le résultat que l’on connaît.
Un quiz qui en plus de faire sourire, donne le ton : une valeur peut inspirer des pratiques étonnantes, et il faut plus qu’une affiche pour la faire vivre.
Place ensuite aux travaux pratiques.
Première épreuve : imaginer des projets qui tournent mal
En amont de l'atelier, la direction nous avait indiqué 4 valeurs qu'un premier groupe de travail avait identifiées, et qui allait servir de point de départ à cette épreuve.
Nous répartissons les participants en cinq équipes, et chacune se voit attribuer l'une des valeurs, accompagnée d'un document au nom rassurant : NOCIVE, pour “NOte de Cadrage d’Investigation des Valeurs Expérimentales”.
Leur mission ? Inventer un projet lié à l’activité de La Première Brique, qui puissent pousser la valeur attribuée à son maximum… ou la faire totalement disparaître.
Prenons par exemple la transparence. Poussée à l’extrême, elle pourrait conduire à diffuser en direct l’ensemble des réunions internes, les hésitations des équipes et les négociations commerciales. Idéal pour ne rien cacher à ses investisseurs, moins pour préserver la confidentialité des dossiers.
Chaque équipe présente ensuite son projet devant les autres, dans un format imposé : publicité, interview, hotline, pitch investisseur… Objectif : défendre avec sérieux un projet absurde. L'assemblée rigole, mais comprend aussi très concrètement les dérives du quotidien associées aux valeurs travaillées.
Comme nous aimons les petites surprises, une cinquième valeur s’est aussi glissée parmi les quatre officielles : “On fait feu de tout bois”. Un appel à multiplier les initiatives tous azimuts, sans nécessairement s’inquiéter de leur pertinence.
Aux participants de démasquer l’intruse :)




