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Team building : quand une fausse star de K-pop exige n’importe quoi

Team building : quand une fausse star de K-pop exige n’importe quoi

Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben

Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben

Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben

Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben

Fausse star K-pop team building La Jeance
Fausse star K-pop team building La Jeance

Introduction

Imaginez. Vous êtes cadre dans l’équipe Développement d’un groupe hôtelier, en séminaire annuel avec vos collègues venus des quatre coins de l’Europe. Le cadre est premium (un hôtel 4 étoiles du groupe), l’ambiance décontractée mais studieuse, et ça bosse. À la fin d’une réunion, un message du grand patron s’affiche : une star internationale débarque à l’hôtel, et c’est à vous de préparer son accueil. Ordre du boss. Attention, elle serait particulièrement capricieuse, narcissique… et pas très fûtée.

Voilà en quelques lignes le pitch de l’activité de team building que nous avons conçue pour les 33 cadres de l’équipe Développement d’IHG. Si vous vous demandez jusqu’où on peut pousser la créativité à La Jeance, cet article vous détaille les dessous de ce team building pas comme les autres.

Le brief et la genèse

Lorsque Claire, en charge des évènements internes du groupe, nous a contactés, son brief était de ceux qu’on adore : pas d’activités déjà vues et revues, beaucoup d’humour, de la surprise, du faire ensemble. Bref, une quasi-carte blanche dont on s’est emparé avec délice !
Côté logistique, tout devait tenir dans les salles de leur hôtel, heureusement très grandes, et dans un délai très minuté entre une réunion de travail et un départ en bus pour leur dîner. Dans nos cordes.
L’équipe : une trentaine de cadres de toute l’Europe, de l’équipe Développement, c’est-à-dire des personnes qui ne travaillent pas au quotidien dans les hôtels du groupe.
Le tout à animer dans la langue de Shakespeare.

Est-ce l’arrivée de Céline Dion à Paris, tout comme la proximité de l’hôtel avec le parc Disney, qui nous a inconsciemment inspirés, toujours est-il que l’idée maîtresse nous est venue assez vite : faire débarquer une star capricieuse aux multiples exigences insolites qu’il va falloir gérer avec les moyens du bord.

Nous avons donc créé une star fictive, avec son identité, son parcours, son look et même son single. Ainsi est né D-Luck, chanteur de K-pop coréo-québécois, venu en France chanter à la réouverture du Monde de La Reine des Neiges à Disneyland. Capricieux, prétentieux, narcissique, complètement à l’ouest, et doté d’une sorte d’intelligence encore non identifiée à ce jour. Pour pousser l’absurdité encore plus loin, le PDG d’IHG serait un bon ami de sa grand-mère, donc il faut le traiter avec le plus grand soin.

la fausse star de K-pop D-Luck


Le déroulé

Comme évoqué plus haut, à l’issue de leur réunion de travail, un message du grand patron est affiché sur écran, annonçant l’arrivée de D-Luck et précisant que c’est à eux de prendre les choses en main.
Après une courte pause, tout le monde se retrouve dans la salle, accueillis par deux étranges personnages : Craig Bellyman, le manager de D-Luck, sérieux et autoritaire, et Enzo Bouvier, l’assistant personnel de la vedette, plutôt timide et apeuré.
Au centre de la pièce, un immense tas de fournitures diverses et colorées.

Après un rapide quiz rigolo sur de vrais caprices de stars, pour chauffer le groupe, le manager pose les consignes. Répartis en sous-groupes, ils ont une petite heure pour préparer tous les éléments du “rider” (ou liste d’exigences) de la star, avant que la star ne débarque.
Chaque petite équipe se voit confier une partie de la mission, chacune avec son rider composé d’une dizaine de caprices insolites.

On retrouve ainsi :

  • une équipe “Accueil”, qui doit notamment imaginer un dispositif pour transporter D-Luck incognito du hall à sa loge, installer un tapis rouge pour atteindre un fauteuil enrobé de papier cadeau, fournir des badges avec des “surnoms K-pop” pour tout le groupe, etc.

  • une équipe “restauration et culture française”, dont les tâches sont par exemple d’organiser un cheese tasting commenté, de concevoir un buffet de crudités découpées exclusivement en étoiles, de trier des bonbons par couleur, etc.

  • une équipe “style”, en charge de décorer la pièce, d’habiller le personnel, de concevoir une niche-palais pour le doudou de la star, de réaliser une peinture de La Reine des Neiges, etc.

  • et enfin une équipe “training” avec des coachs de préparation physique, mentale et vocale pour mettre D-Luck en condition avant son concert du soir.

Évidemment, les moyens à disposition sont limités, et il faut être créatifs et malicieux pour arriver à ses fins, voire duper la diva si besoin.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que les participants ont su être imaginatifs et se sont prêtés au jeu avec même un certain sérieux pour cocher toutes les cases.
Un signe positif que nous aimons détecter lors de nos activités, c’est lorsque, une fois lancés, les participants nous répondent à peine quand on passe voir si tout va bien, absorbés par leurs tâches.

La révélation

Le téléphone du manager sonne. C’est D-Luck. Il est arrivé à l’hôtel un peu en avance et il est furieux car personne n’est là pour l’accueillir !

Branle-bas de combat, il est temps d’aller chercher la star et de lui dérouler le tapis rouge, au sens propre comme au sens figuré.
S’ensuit une seconde heure de jeu difficile à raconter ici par écrit, mais qui marque l’apogée de la dimension burlesque de l’activité. Conforme à ses photos ridicules, D-Luck se révèle aussi idiot que prévu, pathologiquement narcissique, mais dans le fond plutôt gentil.
Le comédien interagit avec les participants, commet des gaffes et se laisse présenter toutes les réalisations des équipes. Un exercice intéressant car il permet à tous de voir ce que les autres ont préparé, de libérer les talents d’orateur de certains, et surtout de rire.

On retiendra un magnifique tapis rouge en papier crépon sur lequel D-Luck s’étalera, une dégustation de fromages premier prix conduite comme une dégustation de grands crus, un dispositif en carton de taille humaine pour cacher l’artiste des regards, une séance de méditation totalement perchée, un entraînement vocal aux sonorités incompréhensibles, j’en passe et des meilleurs.

Une chose est sûre : D-Luck n’est ici qu’un artifice, les vrais protagonistes sont bien les participants eux-mêmes, et tant mieux.

Pourquoi ce team building fonctionne

Tout team building est évidemment perfectible, celui-ci n’échappe pas à la règle.
Toutefois, je note plusieurs éléments qui, selon moi, ont favorisé le bon déroulé et le bon accueil de cette prestation.

  • le scénario était conçu pile pour eux, pour coller à leur univers et à leur marché

  • le burlesque / décalé est propice au lâcher-prise

  • les petits groupes, en compétition bienveillante les uns avec les autres, créent une émulation

  • la multi-activité permet de varier les plaisirs et de plaire à un plus grand nombre

  • le concept de “vilaine” star crée un effet de cohésion immédiat, tous les collaborateurs s’unissant pour lui faire face

  • les activités demandent de la créativité, de la manipulation, de l’improvisation

  • rien ne fonctionne seul, il faut “faire” ensemble pour avancer

Certes, la quantité de travail à fournir de notre côté est bien plus importante, mais aussi, et c’est ce que j’aime dans ce métier, plus variée et créative. Entre l’écriture du scénario et de la mécanique de jeu, la création de la fausse star, la production de sa chanson, du quiz, des supports… le tout 100% fait maison.
C’est également, disons-le, un budget plus élevé qu’une heure de paintball, mais j’espère vous avoir convaincus que le jeu en valait la chandelle.

Un immense merci aux équipes d’IHG pour leur confiance et leur accueil.

Ce projet vous donne un aperçu de ce qu’on peut imaginer à La Jeance. Si cela vous intrigue ou vous fait envie, parlons-en !

Pour aller plus loin

👉 La fausse dégustation qui a trompé tout le monde
👉 Ils pensaient se faire recadrer par des scientifiques allemands. C'était un team building
👉 Libérer une équipe juridique sans finir au tribunal
👉 Cohésion d'équipe : comment la provoquer (et pourquoi ça ne se décrète pas)

Je m'appelle Benjamin Poucin aka l'a-jean Ben, co-fondateur de La Jeance. Je conçois et j'anime des ateliers de cohésion d'équipe originaux, toujours personnalisés, qui créent une vraie cohésion dans les équipes.